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Chasser avec un «chien de sang»
Les chasseurs du Bas-Saint-Laurent peuvent maintenant compter sur un allié de taille avec «Théo», un chien de sang qui peut les aider à retrouver un trophée de chasse qui n'aurait été que blessé, soit par arme à feu, à l'arc, ou à l'arbalète. Par Gilles Lebel
Méconnu de la grande majorité de la population, le «chien de sang» est un chien de petite taille doté d’un odorat très développé et spécialement entraîné pour retrouver des animaux de gros gabarit (chevreuil, orignal, ours), qui ont été blessés par les chasseurs.
«Le chien de sang existe depuis 1000 ans en Europe, 40 ans aux États-Unis et seulement 5 ans au Québec», a indiqué M. Alain Ridel de Mont-Carmel, l’un des 45 membres de l’Association provinciale des conducteurs de chiens de sang du Québec.
Le chien de sang, qui a un taux de succès de 40 % dans ses recherches, est capable de retrouver un animal blessé à partir de minuscules gouttes de sang, d’un morceau de peau, de fragment d’os ou encore de quelques poils perdus.
«En suivant une piste, un bon chien de sang saura quel animal est blessé plus grièvement et quel animal s’en est sorti», a précisé Alain Ridel, qui intervient en forêt depuis quatre ans avec «Théo», un Teckel allemand pour qui il ne tarit pas d’éloges.
«Ces chiens n’ont pas de bout. Ils vont se faire mourir dans le bois à travailler. Ils sont également capables de tout arrêter et se mettre à tourner en rond s’ils sentent que l’animal qu’ils recherchent survivra à ses blessures.» Alain Ridel a constaté que les adeptes de la chasse sont de plus en plus nombreux à utiliser la carabine et, par le fait même, à utiliser des munitions qui causent de sérieuses blessures à l’animal, si le tir est raté.
«Une flèche, ça ne fait que blesser si on manque son coup. Par contre, avec une balle, le choc et les dégâts internes sont bien plus grands.» Il cite en exemple les animaux blessés à la mâchoire et qui mourront plus tard, faute de pouvoir s’alimenter.
Même s’il admet ressentir cent fois plus de joie à retrouver une bête blessée qu’à la chasser, Alain Ridel veut intéresser les gens à cette passion de «conducteur de chien de sang» et assurer une relève en région.
Seul spécialiste de ce service sur le territoire compris entre La Pocatière et Saint-Jean-de-Dieu, Alain Ridel a parcouru rien de moins que 4200 km l’année dernière durant le temps de la chasse.
À 66 ans, le naturaliste à la retraite ne se lasse pas de travailler en forêt, autant la nuit que le jour.
«Avec un GPS, notre travail est plus intéressant et, surtout, plus sécuritaire. Mais j’aimerais former d’autres «conducteurs», d’autant plus qu’on s’en vient avec une certification reconnue par le ministère», a dit celui dont le chien a déjà à son palmarès 35 recherches fructueuses sur les 89 entamées.