Arcticle de
Patrick Campeau
PATRICK CAMPEAU @
JOURNAL DE MONTRÉAL, PUBLIÉ LE: MARDI 02 DÉCEMBRE 2014, 18H55 | MISE À JOUR: MARDI 02 DÉCEMBRE 2014, 19H03
À l’automne 2013, comme tous les autres amateurs, André Viau, de Bromont, souhaitait déjouer un chevreuil de belle taille.Au cours de ses 22 ans de chasse, cet adepte avait eu des résultats relativement satisfaisants. Il avait réussi à attraper son record personnel en 2012 à Anticosti. Il s’agissait d’un beau huit pointes.
Belle aventureLorsqu’Alexandre a demandé à son père de l’accompagner à Windsor et qu’il lui a expliqué que les terres adjacentes n’avaient pas été chassées depuis plus d’une décennie, il a accepté sur-le-champ.
Lors de la prospection, ils avaient découvert un nombre incroyable de grattages. Cela avait évidemment eu pour effet d’élever leur niveau de confiance.
Le gentleman-farmer qui louait sa terre avait eu la gentillesse de déposer des pommes sauvages à 70 verges de leur mirador. Le paternel et son fils commençaient leur saison à l’arbalète. Ils ont donc rapproché ces buffets improvisés à 35 verges de leur plateforme, installée à six verges du sol. André et Alexandre seraient alors à une portée de tir idéale pour leurs armes de chasse. Ils ont même pris le temps d’installer de subtils repères sur le terrain afin de faciliter l’évaluation de la distance des animaux qui viendraient à proximité.
Le matin de l’ouverture, ils n’ont rien vu. Après un copieux repas, vers 13 h, nos passionnés sont retournés à leur site en prenant soin, encore une fois, de faire disparaître leurs odeurs corporelles.
Hors de l’ordinaireÀ 18 h 10, toujours assis et aux aguets, André voit apparaître, à sa grande surprise, ce qu’il qualifie de monstre. Il n’en croyait pas ses yeux. Le chevreuil en question arborait une coiffe ressemblant à celle d’un jeune orignal.
Cet homme de 66 ans a attendu patiemment qu’il s’approche et qu’il expose ses parties vitales. Il était tellement nerveux qu’il ne pouvait plus regarder le panache démesuré, de peur d’attraper la buck fever et de commencer à trembler. Au moment opportun, alors qu’il était accroupi, il a braqué son Excalibur Max et a décoché sa flèche équipée d’une pointe de 150 grains. Son tir parfaitement exécuté atteignit le cervidé en plein cœur.
Après une quarantaine de minutes d’attente qui semblait interminable, il s’est dirigé vers le dernier endroit où il avait vu son trophée. Il faisait alors nuit. Avec sa lampe de poche, il a entrevu un sentier naturel qu’il a suivi sur une cinquantaine de mètres jusqu’à la dépouille de ce gros mâle dominant avec un panache colossal.
RemarquableLe buck donnait l’impression d’être énorme. Alexandre et André n’avaient jamais vu un cerf aussi imposant. Ils étaient tellement excités qu’ils se disaient alors qu’ils exagéraient peut-être un peu sur la taille de la bête.
Le lendemain matin, ils se sont rendus chez le taxidermiste Georges Landry, de Granby. Cet expert en a vu de toutes les couleurs au cours de ses 45 années d’expérience. Lorsqu’il a vu ce géant, il est resté bouche bée quelques minutes, le temps de le peser. Il n’en croyait pas ses yeux. Le plus gros spécimen éviscéré qu’il avait enregistré dans sa vie faisait osciller la balance à 104,32 kg (230 lb). Le monstre d’André battait cette marque par plus de 13,5 kg, pour établir un record régional de 119,93 kg (260 lb).
Les boisCe cerf était parfaitement couronné. Il était pourvu de 14 pointes. Le mesureur officiel de Boone and Crockett, André Beaudry, l’a mesuré à 178 po et 2/8e. Il a valu à M. Viau de mériter de prestigieux prix, comme celui du plus gros panache Québec/Ontario et celui du concours taxidermiste Québec/Ontario. En plus de recevoir la troisième position de la revue North East Big Buck Club USA, il a été présenté sur la page couverture de ce magazine en octobre dernier.

photo courtoisie