Pour l'heure, c'était le 9 novembre 2005 à 11h30 am...À ce moment, j'étais bien loin de me douter qu'il aurait fallu presque une décennie avant que la 7mm tonne à nouveau!!
Bien plus que la récolte, la chasse nous permet de vivre des émotions fortes. Un revirement n'attend pas l'autre et tout peut basculer dans l'instant d'une seconde...Cette année, comme à chaque année d'ailleurs, j'ai été privilégié de pouvoir partager ça avec une sapré bonne gang!
LE PLAISIR DU MOMENT!(PRÉAMBULE)
Est-ce que ça vous arrive des fois de vous transposer dans le temps? Un instant ou votre esprit s’abandonne aux rêveries lointaines, aux souvenirs d’un moment précis qu’on tente de saisir et souvent de recréer. Quand on chasse à l’affût il s’en passe bien des choses dans sa tête…C’est souvent le moment des comptes, le bilan annuel de sa personne…Ce moment d’introspection nous permet de comprendre pourquoi on fait ce qu’on fait…
J’ai grandi en chassant; dès l’âge que je pouvais suivre mon père en forêt j’étais à ses côtés avec mon grand frère, de deux ans mon ainé. À l’époque, le petit gibier et la sauvagine étaient au menu…le gros gibier étant réservé AUX GRANDS qu’on nous disait. On en a vécu des ‘’passes du soir’’ et des matins brumeux à chasser la plume…mais la traque du GROS devait attendre! Assis sur le fauteuil devant la grande fenêtre du salon, on en a tourné des pages du SENTIER en attendant le retour de Papa. On se demandait est-ce que ce serait cette année que Papa reviendrait avec un ‘’buck sur son truck’’ comme les chanceux dans les magazines? Hélas, ce moment n’est jamais venu… Cependant nous avions toujours droit aux plus petits détails de ses excursions. On s’accrochait à tous ses mots, notre imaginaire essayant de vivre le moment.
Il a fallu attendre notre entré en scène avant de pouvoir ‘’goûter’’ aux gloires de la récolte. Ce moment est venu en ’93 lorsque mon frère préleva un bel orignal à la manière de Robin des bois. La même année il tira un beau 8 pointes avec son ‘’gun à canard’… L’année suivante c’était moi qui faisais pareil…orignal à l’arc et 10 pointes au fusil! Ça fait maintenant 21 ans qu’on SAVOURE le ‘’succès’’.
J’utilise le mot ‘’savoure’’ au premier sens puisque c’était justement ça, on mangeait du gros gibier pour la première fois. Je mets le mot succès entre guillemets puisque je suis encore incertain de sa signification, ce dernier étant relatif à bien des choses.
Je vous raconte ceci parce que lorsqu’on est jeune, on ne réalise tout simplement pas l’opportunité qui nous est offert…Comment on est chanceux de vivre ce que l’on vit. On oublie souvent le parcourt et on ne fixe que l’objectif, la récolte. Cette dernière phrase je l’écrit puisque dans les dernières années…j’ai oublié d’avoir du fun en parcourant nos belles forêts, la récolte du GROS consommait mes pensées!
Depuis que je suis devenu père je redécouvre ce qu’est la Nature et son charme…Le coucher du soleil, un ruisseau à demi-gelé, une gélinotte qui ‘’bourgeonne’’… ne passeront plus jamais inaperçues. Désormais je réalise la CHANCE que nous avons de vivre ici et de profiter de ses joies aussi petites sont-elles.
Ces dernières lignes ne signifient pas pour autant que je ne me fixe pas d’objectif de récolte mais bien que ce ne soit plus l’unique mesure de mon succès. Dans mon cas, j’ai fait le ‘’tour de la table’’ petits, gros et moyens sont tombés sous mes projectiles. Ces derniers mon TOUS faites vibrer à leur manière, d’autres plus et d’autres moins…Du lot cependant, peu sont mort par plaisir. L’égo, la pression externe (amis et famille) et la peur de l’échec, sont souvent venus me voler une partie de mon bonheur.
Depuis presqu’une décennie je vis avec ce que j’appelle le syndrome du TROP VOULOIR… C’est essayer d’atteindre un objectif qui consomme le parcours…Chasser des chevreuils trophées n’a rien de reposant et n’offre aucune garantie ne serait-ce qu’une foule de déceptions pour un maigre moment d’euphorie qui est vite remplacer par un grand vide et on recommence…N’est-ce pas les indications d’un cercle vicieux et d’une dépendance, une addiction?
Ces dernières années, j’ai pris du recul et j’ai réfléchis à ce que ça voulait dire de tirer un gros buck? Il y a plusieurs éléments favorables et autant de défavorables… La somme de un n’est pas nécessairement égale à la somme de l’autre, nos valeurs n’ayant pas toutes la même importance. Dans mon cas, j’ai décidé de mettre le PLAISIR comme premier critère de satisfaction. Si j’étais plus capable d’avoir du PLAISIR à chasser les GROS alors je devais corriger mon tir!
BON enfin la chasse…Pour ceux qui serait curieux de savoir ce qu’était mon objectif 2014, je vous invite à lire mon texte de l’année dernière intitulé ‘’SAUCE BLANCHE OU SAUCE BRUNE’’.
viewtopic.php?f=30&t=45566&hilit=sauce+blancheCette année je n’ai pas vraiment eu le temps pour préparer salines et autres…Je devais donc me fier à mon carnet de notes de l’année dernière pour tenter de déjouer celui que j’appelle ‘’Les Bretelles’’. Une évaluation préliminaire du territoire lors de la saison à la poudre noire me laissait croire qu’il était toujours dans le coin…des arbres complètement détruis et de grattages monstres servant de cartes d’invitation à la ‘’danse automnale’’. J’étais ravis de voir qu’il était toujours dans les parages et que j’aurais peut-être l’occasion de le ‘’toucher’’ cette année.
Photo de ''Bretelle'' en 2012-2013


Les deux semaines furent longues…Je ne pouvais faire l’ouverture et chaque jour le niveau d’anxiété montait d’un cran…Est-ce qu’il serait photographier sur une de mes caméras, est-il plus gros que l’année dernière, a-t-il régressé…serait-il toujours en vie lors de mon arrivée etc…
Petite parenthèse, imaginez-vous donc que je partage le territoire public avec mon voisin d’en face…C’est simplement le hasard des choses qui ont faite en sorte qu’on est voisin à la chasse et en ville…Donc vous vous imaginez bien qu’on garde nos ‘’cartes’’ assez proches de nous…même si pendant l’année on se partage quelques éléments d’informations et bien sûre quelques photos bien choisis… Cela dit, ce dernier avait pris deux semaines de vacances pour essayer de faire sa chasse… (la suite plus tard)
À mon arrivé, j’étais bien content de voir qu’il y avait plein de nouveaux signes d’agressivités autour d’un de mes sites...Comme il était tard en fin d’après-midi, je ne pouvais m’attarder à analyser ces derniers. Je m’empressai donc de monter dans l’stand. Ça faisait même pas 10 minutes que j’étais assis lorsque je vis une ‘’grosse mère’’ descendre du flanc de montagne à ma droite. Elle était non chanlate et se dirigea dans mon ‘’feed’’ sans trop d’hésitation. Le vent était parfait, en pleine figure; elle grattait le sol à la quête des dernières graines de maïs dissimulées sous les feuilles d’érables.
Comme l’année dernière, je me disais que ce serait débile et que l’action ne tarderait pas…Aussitôt que cette pensé entra dans mon esprit, je vis la femelle bondir deux gros sauts, se retourner et fixer la base de mon arbre. Ce comportement n’était pas ‘’habituel’’ et mon attention était à son maximum. À ce moment, j’entendis des pas dans les feuilles directement derrière moi…Je ne pouvais pas me tourner puisque j’avais peur que la femelle perçoivent mes mouvements et déguerpisse…Je pouvais que bouger mes yeux …
Quelques secondes plus tard, sous ma plate-forme, je vis la couronne d’un buck se dessiner à travers le carrelage du treestand. C’était un beau 10 pointes…Pas un monstre mais toute de même un animal de 200lbs avec un panache digne d’un trois ans et demi…
Bon, bon me dis-je… je revivais le Jour de la marmotte comme l’année dernière. Un ‘’pas pire’’ dans les premières minutes de chasse et plus rien par la suite? On dit souvent que ‘’la pensée crée’’ et bien cette pensée, je ne voulais pas y croire…J’étais plus fort que ça mentalement…De toute manière, j’aime trop ‘’mon temps’’ dans l’affût pour terminer ça comme ça…Pas question de faire feu… La carabine resta sur le crochet et je continuai à regarder le buck qui faisait des grattages sous les regards de la biche. Quel beau spectacle!! La soirée se termina sans aucune autre visite et je récupérai mes cartes mémoires.
Entassés autour de l’ordinateur on scrutait chacune des photos en espérant voir et boire des ‘’shooters’’ (petite tradition qu’on a qu’à la vue d’un ‘’shooter/ buck mature’’ sur caméra, on prend un ‘’shooter alcoolisé’’ pour célébrer….) La fin de soirée fût plutôt tranquille puisque seulement 2 shooters ont été aperçus sur nos caméras.


Les Bretelles n’étant pas du lot, je commençais à me questionner sur sa condition…De toute façon, je me disais que des signes de la sorte ne mettent pas et que les caméras ne donnent qu’une partie de l’histoire et que ce buck est reconnu comme étant ‘’camera shy’’.
Les journées se succédèrent et les signes se multiplièrent, nouveaux grattages et frottages impressionnant apparaissaient à tous les jours lors de mon entrée vers le stand…J’étais cependant jamais capable de prendre en cliché les responsables, seulement quelques juvéniles.
De leurs côtés, mon frère et mes chums étaient toujours dans ‘’l’action’’ sans toutefois trouver chaussure à leur pied. Faut dire, qu’un après-midi mon chum a ‘’manqué’’ un beau 8 pins…Le manque de confiance dans son tir et l’hésitation lui a valu une belle expérience sans plus…D’ailleurs, c’est toujours mieux de s’abstenir si on n’est pas confiant de son tir…Je lui lève mon chapeau!
La semaine passe vite, très vite
Mercredi matin, de retour à mon stand préféré et encore rien à signaler…Je divaguais à savoir pourquoi le peu d’actions en présence de tous ces signes de rut lorsque du coin de l’œil, je vis un flash blanc dans le flanc de la montagne. J’ai toute de suite agrippé mes jumelles pour observer un coyote le nez au sol qui, sans doute, traquait une piste de cerf…‘’Yes!, Un peu d’actions me dis-je’’…Tranquillement, je pris ma carabine et essaya de le mettre en joue… pas facile de mettre un prédateur dans l’scope quand ce dernier bondit d’un côté et de l’autre. Je réussi tant bien que mal à lui mettre la croix dans le poitrail et faire feu…Ce dernier roule par en avant et se met à hurler…J’en ai des sueurs froides…Il n’arrête pas de hurler et je peux rien faire…il est caché derrière un gros hêtre ou je peux voir qu’il saigne abondamment. Quelques minutes s’écoulent et je crois qu’il est finalement mort lorsque je le vois remonter de peine et misère la montagne…Deux balles bien placées finissent ses souffrances. J’en reviens pas comment c’est ‘’tuff’’ un coyote…C’est le troisième que je tir (1 arc/2 carabine) et aucun n’est mort subitement. J’imagine que mes balles de construction monolithique en sont pour cause.

Par la suite mon chum vient me rejoindre et on sort le canidé qu’on s’empresse d’aller donner à la trappeuse du coin. Elle accueille notre offrande à bras ouvert…puisqu’il s’agit, selon elle, d’un coyote blanc? Blanc, gris, noire, jaune…ils mangent tous les chevreuils et je préfère les voir sur les contours de manteaux que dans le bois…

De retour au camp à midi, la pôle à chevreuil est déjà ‘’prête’’; palan et corde attentent le trophée… Déçus, j’annonce au groupe que c’est un coyote qui a fait gronder ma 7mm ce matin. J’en profite quand même pour m’en déboucher une…Un peu de ménage dans la forêt ça mérite ben une ‘’pinte’’.
Je constate que la gang est pas mal ‘’down’’ puisqu’on ne voit pas (ni en photo, ni en personne) les bucks auxquels nous sommes habitué…Certes, l’hiver a fait très mal mais la ‘’tuerie’’ de 2012 des 3 groupes voisins également…On essaye tant bien que mal de se motiver en disant que tout peut changer dans l’instant d’une seconde.
Jeudi matin, on est de retour dans nos stand et rien d’intéressant est à signalé…
Sur l’heure du midi, mon frère me dit qu’on devrait faire un ‘’tag team’’ et tenter de déjouer un des beaux bucks de son secteur…Ce ne sont pas des ‘’monstres’’ mais tant qu’à chasser des ‘’fantômes’’ qui n’existent peut-être pas… J’accepte volontier. L’endroit en question avait deux sites appâtés distancés d’environ 350 mètres et plusieurs mâles y circulaient de jour. Cela dit, nous avions établi que 2 candidats feraient notre affaire…Un 7 pointes et un 10 pointes.





On s’empresse de gober nos sandwichs et on embarque dans son truck… Vérification faite, armes, munition, sac à dos, cases d’arme pour le retour…on décolle…
Dans une chasse, il y a toujours un moment pivotant qui fait balancé les choses d’un côté comme de l’autre. C’est à ce moment, que mon frère ‘’arrêta sec’’ son truck et sans que j’eu le temps de lui demander pourquoi, sorti et enleva palan et corde de la pôle à chevreuil et les ‘’gorocha’’dans le garage…
J’étais sans mot devant cette ardeur renouvelée…Superstitieux de nature, il me dit que c’était malchanceux et même un peu prétentieux d’avoir sorti cet équipement avant d’avoir récolté. Il a poursuivi en disant qu’on ne célèbre pas la Coupe Stanley après la troisième victoire!! Il ne m’en fallait pas autant, j’étais conquis…j’avais le goût plus que jamais de chasser à ses côtés!
La ride fût des plus plaisantes, on se commémorait nos bons coups et nos moins bons sur un arrière fond de musique des années 80’s. C’est également ça la chasse et ce sont surtout ces moment-là qui me marquent; en tous cas, beaucoup plus que le moment où on appuie sur la gachette. Anyways, on arrive au parking sur les paroles de ‘’Skid Row, 18 and Life’’et on en profite un instant pour ‘’vivre la toune’’ j’en ai des frissons … Crime ce n’est pas compliqué…je me disais que ça doit être de même que les joueurs de hockey se sentent lors de l’échauffement d’avant-match... On débarque le quad.
Show TimeEn bon grand frère, il me donna le choix de la cache…Je lui ai dit que ça m’était égale et que juste de partager ça avec lui faisait mon affaire. Finalement il me dit d’aller à celle ‘’qui a toujours de l’action’’ J’étais content…
Ça faisait depuis 13h00 que j’étais installé et que j’attendais patiemment l’arrivé de cerfs…Le ciel était bleu royale et le vent était quasi nulle…Il faisait -3 et les conditions étaient idéales. Je suis posté à terre à quelques 50 mètres des abords d’un étang de castors et je surveille un écotone entre résineux et bois ‘’dur’’, j’ai une golée en face et un plateau montagneux à ma droite.
Il est présentement 16h00 et je me demande si la chance va nous sourire…J’étais toujours confiant mais l’idée de revenir bredouille me trottait dans la tête. Vers 16h10, j’entends un vacarme dans le bas du golée qui mène à l’entends de castors…quelques grosses branches craquées et des pas dans les feuilles et puis plus rien pour 3-4 minutes. J’entends par la suite la glace se briser et le castor qui claque sa queue à quelques reprises…C’était peut-être juste ça, les castors qui jouaient me dis-je? C’est alors que j’aperçu une femelle et ses 2 veaux s’en venir au trot…Comme de raisons, les faons se jettent sur les offrandes et la mère observe en retrait. Je suis caché derrière une grosse souche à quelques 65 mètres et je passe complètement inaperçue.
Quelques minutes s’écoulent et j’entends à nouveau bouger dans la forêt et cette fois –ci ce sont 2 femelles qui font leur apparition…Elle rejoindre le groupe sans trop de chamaillade. Tout va bien lorsque les dames commencent à être nerveuse…Le groupe regarde souvent en direction du bois ‘’sale’’ et je crois bien entendre des pas dans les feuilles…Je lève ma tuque un peu pour mieux entendre…C’est clair, ce sont des pas et ça s’en vient vite…C’est là que je vois des silhouettes et des pattes, ce ne sont pas une, pas deux, mais bien 4 femelles qui se suivent à la queue leu leu. Là il commence à ‘’manquer de la place dans le restaurant’’…Les dominantes font sentir leur présence avec des coups de sabots bien placés. Sa bourdonne autour de la ‘’bait’’ et je me dis que le bruit et l’odeur vont bien finir par attirer un buck? Deux minutes plus tard, je vois arriver un beau daguet grassouillet qui essaye de faire la cour aux dames... Il fait fi du menu et tente par tous les moyens d’isoler une femelle… Elles se dispersent en faisant des demi-cercles pour revenir ‘’à table’’. C’était tout un show mais rien pour me faire empoigner ma carabine…D’ailleurs je la regarde, accoté sur un tronc d’arbre à mes côtés, me demandant si j’aurais la chance de m’en servir cette année?
Quelques secondes plus tard j’avais une partie de la réponse sous la forme de branches brisées…Snap, snap, snap…C’est clairement un gros gibier qui marche d’un bon pas sur le plateau dans mon dos…Mes battements cardiaques commencent à augmenter… J’entends des ‘’clac, clac’’ suivi de ‘’clic, clic’’…Je pense bien que c’est un buck qui ‘’claque sa langue sur son palet’’…Je sais qu’il est proche mais je ne peux pas le voire…Il est l’autre côté d’un talus à moins de 35 mètres…Il continue à s’avancer en me contournant par la droit…Je crois qu’ils sont deux. J’entends clairement un buck qui ‘’grunt’’ très fort…Je dois rester immobile puisque la gang de femelle regarde dans ma direction…Le buck sur un bord et les ‘’dizaines de yeux’’ sur l’autre. Je commence à avoir un peu les ‘’shakes’’…L’humidité, le froid et une envie de pisser ne font rien pour aider ma situation. Bon, je dois me ressaisir, je ‘’flex’’ mes muscles le plus fort possible et j’expulse l’air de mes poumons…(un bon truc qui marche pour moi)
Le buck grunt à chacun de ses pas, je peux le suivre avec mes oreilles et je sais maintenant qu’il suit un autre chevreuil. Il ne reste que 15 minutes de chasse et ça fait 5 longues minutes que je les entends sans toutefois pouvoir les voir…Je me demande s’ils vont passer dans le golée ou simplement se faire la cour dans la montagne…
J’en profite pour faire glisser ma carabine sur les ‘’shootings stix’’, on sait jamais…Je vois un tache grise qui se dessine à travers la fardoches…C’est un faon pas beaucoup plus gros qu’un chien. Il trottine vers mon éclaircie…elle s’arrête regarde en arrière et j’entrevois son ‘’chum’’…Il me semble assez beau et j’ai beaucoup de misère à voir sa couronne à travers le rideau de branche. Il se rapproche en gruntant à nouveau…Je suis hésitant...Je ne sais pas quoi faire, les images se bousculent dans ma tête, shooter ou pas? … Le veau traverse l’éclairci au saut et sème la zizanie au sein du troupeau…Le buck observe le scène arrêté derrière un gros érable…Je sais que quand il va partir j’aurais pas grand temps pour tirer…L’éclaircie n’a que 4 mètres de largeur et c’est la seule place que je peux faire un tir convenable…
Je songe regarder dans mes jumelles mais j’ai peur que ce moment m’empêche de pouvoir tirer…Je regarde à nu œil…Il avance d’un bon pas la tête par en avant à ‘’demi mat’’ …Je vois le ‘’main beam’’ qui semble ‘’flush’’ avec le bout du nez…Je descends dans mon scope…Il met un pas dans l’éclaircie…Il avance dans mon croisillon, le poitrail à sa jonction…mon index caresse la détente. Il sursaute et kick des pattes arrière à la manière d’un cheval de rodéo… Instinctivement, je ‘’bolt’’ mais je le perds de vue aussitôt.
Comme une couvée de gélinottes surprise, les queues blanches s’envolent partout…Avec ce vacarme et le cillement du coup, il m’est impossible d’entendre la suite des choses… Je me demande qu’est-ce que je viens de faire? J’en reviens pas de ce qui vient de se passer et je me demande encore si c’est vrai…Je vois la douille à terre et j’ouvre la chambre et je réalise que j’ai bel et bien tiré…
À ce moment j’entends marcher doucement dans les feuilles d’où s’était diriger le buck…Criss, je l’ai peut-être juste blessé…Tabarnac. Je regarde et je vois une femelle s’en remonter tranquillement vers moi…Je sais plus quoi penser. Je reprends mon calme et j’essaye de revivre les derniers moments dans ma tête…J’en profite pour fouiller dans mon pac-sac et empoigner mon walkie-talkie.
Je l’ouvre et j’entends mon frère me demander si je l’ai manqué? L’as-tu manqué Mat? Heu non? Alors c’est quoi t’as tiré? Je ne sais pas trop? Il n’est pas tombé drette là…Je crois que c’est un beau 8…Il m’avait d’lair shooter que je lui dit…
Je lui demande de venir me rejoindre le plus tôt possible puisqu’il reste qu’une dizaine de minutes de jour…Je reste assis sur mon hot seat et je décide de simplement écouter ‘’la forêt’’…Tout est redevenu calme et je me demande si le buck est étendu sur les feuilles à moins de 100 mètres de moi…
Quelques minutes plus tard j’entrevois la lumière frontale à mon frère faire des zigs-zags dans le sentier…
On se donne les accolades d’usage et on sort nos GPS et notre tape rose. Je lui explique rapidement l’histoire et on se dirige vers le site du tir…Je lui demande pourquoi il m’avait demandé si je l’avais manqué toute à l’heure. Il me répond : ‘’Je ne sais pas…J’avais juste un feeling’’….Aye, thanks d’avoir confiance en moi…pourtant quand je tire ça tombe toujours!!
On arrive dans l’éclaircie et au premier regard on ne trouve pas grand-chose…D’expérience je sais qu’on recherche peut-être de trop prêt…la brunante a souvent pour effet de tromper nos perception de distance. Je recule d’une dizaine de mètres et je suis frappé par une odeur très forte des glandes de chevreuils… Je regarde au sol et je vois du poils et quelques gouttes de sang lancé (sprayé) sur la neige…Je dis à mon frère de marqué le spot avec du tape. Je fais quelques pas et je vois d’autre sang au sol et sur les arbres…il est à la fois rose et rouge clair…Il commence à saigner pas mal…même s’il fait noir on peut clairement voir la trail de sang même sans nos flash lights. On suit le sang sur 40 mètres et le voilà couché devant nous…On le regarde sans toutefois s’en approcher…On se regarde et on se sert dans les bras…J’avais l’impression de revivre les chasses d’antan, sans tracas ni superflu!
Mon frère s’approche et me dit…Crime c’est le 10 pins, celui sur caméra! Nous avons alors contemplé cette belle bête pour plusieurs minutes sans dire un mot…Ce silence n’a jamais autant parlé…J’ai compris ce que c’était de vivre le présent …

Puisqu’on tardait à rentrer…les gars, au camp, commençaient à spéculer sur notre sort…Il était bien content d’entendre le ti coup de klaxon qui signifiait notre arrivé…
En terminant, c’est toujours le fun de se retrouver entre chums avec une ‘’tite frette’’ dans les mains à regarder dans le fond d’une boite de pick-up au mois de novembre!




Peu importe votre récolte…Soyez fier de vos accomplissements et de grâce vivez le moment à fond…C’est le parcours qui fait les souvenirs!
Merci de m’avoir lu.
A+
Mat 7mm